Marocains du Monde

Après un rattrapage de 5,8% cette année

via leMatin

Attendue à 2,9% en 2022, la croissance de l’économie nationale devrait retrouver des niveaux normaux, après une hausse de 5,8% prévue pour l’année en cours. Selon le HCP, la demande intérieure ainsi que les exportations de biens et de services poursuivront leur croissance, de même que l’investissement.

En 2022, l’économie nationale devrait retrouver son niveau d’avant-crise. Sa croissance est attendue à 2,9%, selon le Haut-Commissariat au Plan (HCP) qui table sur une inflation aux alentours de 0,9%. La valeur ajoutée des activités non agricoles croîtrait de près de 3,6%, principalement en raison de la poursuite de la récupération du secteur tertiaire sous l’effet du redressement des services marchands, particulièrement ceux du tourisme, du transport et du commerce. Ces derniers bénéficieront de l’ouverture prévue des frontières en 2022. La valeur ajoutée du secteur tertiaire atteindrait 3,7%. Celle du secteur secondaire ressortirait, de son côté, à 3,4%. Celle du secteur primaire devrait, sous l’hypothèse d’un scénario moyen de la production céréalière et de la consolidation de celle des autres cultures agricoles et de l’élevage, baisser de 2,9%.

La demande intérieure poursuit son redressement
La demande intérieure progresserait de 3,4% en volume, avec une contribution à la croissance à 3,6 points, soutenue par la poursuite du raffermissement de l’investissement brut et de la consommation finale nationale. La consommation des ménages s’accroitrait de 2,9% en volume, celle des administrations publiques de 2,7%, soit une contribution de 0,6 point à la croissance. «Globalement, la consommation finale nationale devrait augmenter de 2,9% contribuant pour 2,2 points à la croissance», précise le HCP. Pour sa part, la formation brute du capital fixe augmenterait de 5,9%, avec une contribution de 1,6 point à la croissance. Enfin, l’investissement brut croitrait d’environ 4,7% (1,4 point de contribution à l’économie). Les exportations afficheraient une amélioration de 9,1% en 2022. Idem pour les importations. «La contribution de la demande extérieure nette à la croissance économique nationale serait à nouveau négative en 2022 de 0,8 point du PIB», indique le HCP. Les revenus nets en provenance du reste du monde, eux, devraient atteindre 5,5% du PIB, à la faveur des transferts MRE. En conséquence, le déficit du compte courant se situerait à 3,4% du PIB.

L’année prochaine, les recettes fiscales devraient atteindre 18,2% du PIB. Les recettes ordinaires, de leur côté, se maintiendraient à près de 20,8% du PIB, compte tenu du maintien des recettes non fiscales à 2,4% du PIB. En outre, les dépenses ordinaires s’alourdiraient davantage à 20,9% du PIB, alimentées par les efforts déployés pour la dynamisation de l’activité économique. Le déficit budgétaire, malgré une légère atténuation, se situerait à 6% du PIB, sous l’hypothèse du maintien de l’effort d’investissement du Trésor à près de 6,2% du PIB. «Face à cette situation déficitaire, le taux d’endettement du Trésor devrait poursuivre sa tendance haussière, passant à 79% en 2022», prévoit l’institution. Par ailleurs, la dette publique globale s’élèverait à 93,9% du PIB, si l’on tient compte de la dette extérieure garantie attendue à 14,9% du PIB.

Réserves en devises : 6 mois et 9 jours d’importations à fin 2022
En 2022, la progression de la masse monétaire devrait ralentir à 4%. Cette prévision tient compte de l’évolution attendue des réserves en devises (311 milliards de DH, soit 6 mois et 9 jours d’importations), des crédits bancaires (+4,4% l’année prochaine) et s’accroitraient de 4,4% au lieu de 4% prévu en 2021 et des créances sur l’Administration centrale qui devraient continuer d’augmenter.
Il est à préciser que l’ensemble de ces prévisions tiennent compte des nouvelles tendances de l’environnement international : évolution des prix des matières premières en quasi-stabilisation, hausse attendue de 6,7% de la demande mondiale adressée au Maroc, reconduction de la politique budgétaire en vigueur en 2021 et production céréalière moyenne durant la campagne agricole 2021-2022. Ces perspectives restent donc, pour le HCP, entourées de fortes incertitudes liées principalement à l’évolution de la situation épidémiologique et à l’aboutissement du processus de vaccination aux niveaux national et international.

2021 : un rebond de la croissance de 5,8%
En 2021, l’économie devrait rebondir après sa récession de 6,3% un an plus tôt. Selon le HCP, la croissance s’établirait à 5,8%. La campagne agricole 2020-2021 y sera pour beaucoup : l’institution s’attend à une production céréalière de 98 millions de quintaux, en hausse de 206% d’une campagne à l’autre, et de 54,8% par rapport à la moyenne des 5 dernières années. Ainsi, le secteur primaire augmenterait de 17,5%, avec une contribution au PIB de 2 points. Les activités non agricoles, elles, augmenteraient de 4,1%. «Cette reprise serait imputable à une hausse de 4% des activités secondaires et d’une amélioration de 4,1% des activités tertiaires», détaille le HCP. Une hausse générale de 1,5% des prix est prévue, en raison de la hausse des cours des produits énergétiques et du renchérissement des autres matières premières à l’international. En outre, le taux de chômage reculerait à près de 10,9% contre 11,9% en 2020. De son côté, la consommation des ménages s’apprécierait de 3,1% en volume, soit une contribution de 1,8 point à la croissance. Celle des administrations publiques se consoliderait, affichant +5,1% (une contribution de 1,1 point à la croissance). Ainsi, la consommation finale nationale serait en croissance de 3,7% (2,9 points de contribution). Parallèlement, le volume global des investissements publics atteindrait 230 milliards de DH, en hausse de 26% sur un an, grâce à la création du Fonds Mohammed VI pour l’investissement. Pour la formation brute de capital, la croissance serait de 6,9%. Ainsi, l’investissement brut s’apprécierait de 14,1%. Enfin, la demande intérieure gagnerait 6,4% en volume. Par ailleurs, les échanges extérieurs devraient légèrement s’améliorer. Tous les métiers mondiaux du pays poursuivraient leur reprise, à l’exception du secteur aéronautique. 
Ainsi, en volume, les exportations de biens et de services augmenteraient de 10,8%. Ce rythme serait cependant inférieur à celui des importations : +11,5%. La même tendance serait observée pour les échanges extérieurs en valeur : +12,2% pour les exportations et 13,2% pour les importations. Le déficit en ressources devrait atteindre 10,1% du PIB. En outre, le solde déficitaire du compte courant se situerait à -2,5% du PIB.

Le déficit budgétaire estimé à 6,3% du PIB cette année
Le déficit budgétaire devrait se maintenir à un niveau élevé : 6,3% en 2021 contre 7,6% un an plus tôt. Le HCP prévoit une hausse de 17,9% des recettes fiscales, essentiellement en raison de l’augmentation des recettes de la TVA à l’intérieur. Les recettes de l’impôt sur le revenu devraient, quant à elles, se maintenir à 3,7% du PIB. Quant aux recettes non fiscales, elles devraient bénéficier des entrées attendues : dons, privatisation, mesure d’exonération de l’impôt sur les sociétés des cessions des participations des EEP à partir 2021 et mécanismes de financement innovants. Ainsi, les recettes ordinaires devraient atteindre 20,8% du PIB. En outre, le financement du Trésor sur le marché des adjudications devrait porter la dette intérieure à près de 58,2% du PIB. La dette extérieure du Trésor représenterait 19,1% du PIB en 2021. L’encours de la dette du Trésor continuerait d’augmenter pour se situer à 77,3% du PIB. Enfin, le ratio de la dette publique globale atteindrait 92,7% en 2021. 

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