Politique

Et soudain ! l’Algérie ressuscite le projet endormi « Gara Djebilet »

via Hespress

L’Algérie ressuscite le « mégaprojet » de l’exploitation du gisement de fer de Gara Djebilet ou Ghara Djebilet situé à près de 140 km au sud-est de Tindouf et dont les réserves sont estimées à 3,5 milliards de tonnes. Pour ce faire, l’entreprise nationale algérienne du fer et de l’acier (Feraal) avait conclu en 2021 un protocole d’accord avec un consortium chinois, composé de China International Water & Electric Corp, Heyday Solar et la société sidérurgique Metallurgical Corp Of China.

Mais qu’on se le dise ! l’exploitation ne saurait se faire à bon escient et malgré tout l’espoir placé à cet effet. Après de multiples tentatives infructueuses et en dépit que le régime sénile d’Alger semble convaincu qu’il concrétisera cette fois un rêve qu’il nourrit depuis des décennies, il s’est avéré que le minerai d’une teneur en phosphore trop élevée, ne saurait être exploité qu’après avoir été déphosphoré ce qui ajouterait aux coûts et donc remet en cause la rentabilité.

L’Algérie et la Chine devraient investir pas moins de deux milliards de dollars, pour ce projet, qui tend à approvisionner l’industrie métallurgique et sidérurgique algérienne et développer les ressources du pays, hors hydrocarbures.

A ce jour, il n’existe aucun procédé industriel sûr et propre permettant l’enrichissement et la déphosphoration des minerais de fer oolithique phosphoreux, dont les estimations avoisineraient le milliard de tonnes pour le seul gisement de Gara Ouest, sans parler de des gisements de Gara Est et Centre, et qui représenterait un total de 2 milliards de tonnes.

De quoi bien emplir les poches des dirigeants algériens. L’objectif donc, de ce projet d’apaiser le climat social à l’interne en Algérie, de construire un « complexe » industriel pour la production de 12 millions de tonnes de fer par an pourrait donc, fort en pâtir.

Le lancement de l’exploitation des mines de fer de Gara Djebilet soulève quelques observations, côté marocain, sachant que le Maroc et l’Algérie avaient convenu, dans le cadre d’ »une convention de coopération visant la mise en valeur de la mine de Gara Djebilet », annexée au traité sur les frontières, signé en 1972, de mettre en place « une société algéro-marocaine pour la mise en valeur de la mine de Gara Djebilet (S.A.M) » pour l’extraction  et la commercialisation, et éventuellement la transformation, de 700 millions de tonnes, dont la cadence annuelle devrait être déterminée par les deux parties.

A titre de rappel  l’annonce de la conclusion par l’Algérie d’une convention pour l‘exploitation de ce gisement n’est pas la première du genre. De précédents accords et tentatives de lancer le projet avaient échoué auparavant. L’objectif aujourd’hui, est d’accélérer l’industrialisation de ce site devenu mythique depuis le temps et dont on promet sans conviction aucune, à une valorisation déterminante pour le secteur minier algérien.

Classé comme une priorité nationale par le régime sénile d’Alger, l’exploitation Gara Djebilat qui selon la Déclaration maroco-algérienne faite à Rabat le 15 juin 1972 portant sur le tracé des frontières et signée par Feux le Roi Hassan II et Houari Boumediene, devait être confiée à une société mixte des deux pays. Selon les termes de la convention bilatérale, le gisement de Tindouf, point sensible du conflit au Sahara marocain, se trouve sous la « souveraineté » des Algériens, mais le Maroc dispose de « possibilités d’évacuation et d’embarquement du minerai de fer par un port marocain situé sur l’Atlantique » qu’il devrait offrir à l’entreprise mixte.

Suivons d’autres regards ! Si le Maroc avait accueilli favorablement cet « arrangement », ce ne fut pas le cas du régime algérien qui n’avait pas accepté le partage et l’exploitation mixte, qui au demeurant, n’a jamais pu avoir lieu.

Avec le temps et la question du Sahara marocain, la convention a été reléguée aux oubliettes jusqu’à dernièrement. En effet, l’Algérie l’a pourtant brandie un demi-siècle plus tard, et ce coup-ci, c’était pour justifier l’expulsion illégale des cultivateurs de dattes de l’oasis d’El Arja (Figuig).

En Algérie il est dit au peuple que le projet d’exploitation de la mine de Gara Djebilet longtemps mis en veilleuse pendant près de 70 ans, depuis la découverte de la mine, en 1952 pendant la période du colonialisme français, aucune autorité du pays n’a pu remporter le défi de Gara Djebilet, en raison du terrain difficile du site. Les économistes allant même jusqu’à attribuer la raison de ce retard aux différentes crises financières que l’Algérie a connues depuis le milieu des années 1980.

En réalité, ce projet peu prometteur n’a pour but que le voisin de l’ouest et avec  l’illustration de l’affaire récente de l’oued Guir comme pour celle d’El Arja auparavant, aux velléités politico-diplomatiques bel et bien préétablies par le régime des séniles du Muppet Show made in Algeria, c’est de l’enveloppé pour emporter.

’ailleurs la Chine qui se veut à tout prix rester neutre dans ce conflit algéro-marocain monté à l’Est de l’Eden a tenté de dissuader le consortium chinois, de s’impliquer grandement dans ce projet pour ne pas froisser le Maroc et compromettre les intérêts chinois sur le marché marocain.

En effet, les autorités chinoises n’apprécient guère que ce projet économique voulu par Alger se retrouve au cœur d’un différend politique majeur entre l’Algérie et le Maroc. Mais bon, la Chine entretemps, s’est éveillée.

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