Politique

Fédération de Gauche : La fusion CNI-PADS-PSU aura-t-elle lieu un jour ?

via media24

A moins d’un an des scrutins de 2021, la fusion du CNI, du PADS et du PSU en une fédération de la gauche démocratique, semble mal partie. Si les leaders des 2 premiers partis imputent le retard de sa concrétisation a l’état d’urgence sanitaire, un membre du PSU renvoie aussi indirectement la responsabilité des reports incessants à sa secrétaire générale Nabila Mounib.

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Née en 2011, l’idée de fusionner les 3 petits partis en une seule grande formation de gauche qui devait voir le jour à la veille des scrutins de 2021 a de fortes chances de ne pas aboutir dans les délais annoncés à leurs électeurs. Explications des principaux protagonistes.

Mounib tenue responsable des reports incessants de la fusion

Dans une interview récente à l’hebdomadaire Al Ayam, le député Omar Balafrej a directement accusé la SG du PSU d’être responsable du blocage actuel de la fusion de son parti avec le CNI et le PADS.

Jointe par Médias24, Nabila Mounib a, dans un premier temps, accepté de nous répondre sur le projet de fusion en nous invitant à la rappeler, avant de couper court à tous nos appels.

Précisons qu’elle a déclaré, ce lundi 26 octobre, au micro de Radio 2M que les conditions de la fusion avant les scrutins de 2021 n’étaient pas encore réunies et qu’il faudrait attendre plusieurs mois après les élections pour acter l’union du PSU avec les deux autres partis.

De son côté, le député nous a déclarés qu’il ne s’exprimerait plus, avant décembre prochain, sur l’avenir de la FGD tout en confirmant qu’il ne se présenterait pas aux législatives de 2021.

« La fusion n’est pas une priorité pour le PSU »

Faute d’explications de la part des dirigeants du PSU, nous nous sommes donc tournés vers leurs partenaires du Congrès national Ittihadi et du Parti de l’avant-garde démocratique et socialiste.

Ainsi, interrogé par Médias24 sur les difficultés de concrétiser la fusion, Abdessalam Laâziz, secrétaire général du CNI, nous a affirmés que le regroupement est un projet politique qui finira par aboutir d’une manière ou d’une autre.

« Aujourd’hui, au sein de la FGD qui compte 3 partis, le PSU n’est pas convaincu par notre approche de regroupement et donne l’impression qu’elle n’est pas vraiment une priorité », explique Laâziz en ajoutant que le projet de fusion est toujours présent même si le dernier congrès du PSU a préféré ajourner l’union.

Le consensus qui prévalait avec l’ancien SG du PSU a été rompu

« Dans les faits, le CNI a proposé la fusion juste après la réforme constitutionnelle de 2011, et il y avait un consensus avec l’ancien SG du PSU, Mohamed Moujahid, pour qu’elle entre en vigueur après les élections de 2016 », rappelle le SG qui regrette que des divergences soient apparues entre-temps au sein du PSU qui a retardé sa concrétisation.

A la question de savoir si, comme l’a laissé entendre Balafrej, le vrai frein à la fusion ne s’appelait pas Nabila Mounib, notre interlocuteur a refusé de répondre en nous invitant à ne pas personnaliser les responsabilités sur « la SG qui doit sûrement avoir des contraintes internes ».

La fusion n’aura lieu qu’après les scrutins de 2021

« A moins qu’une majorité ne se dégage lors du prochain conseil national des 3 partis, la fusion n’aura lieu qu’après les élections de 2021, car la pandémie a également retardé le processus de regroupement.

« Aujourd’hui, tant que la crise sanitaire ne sera pas dépassée, nous ne serons pas en mesure, dans le cadre de la loi de l’état d’urgence, d’organiser un congrès de 1 500 personnes.

« Cela ne nous empêchera pas de continuer à débattre jusqu’au mois de décembre avant de se prononcer définitivement.

« Au pire, l’union politique pourra se faire sans le PSU »

« Si le PADS et le CNI sont prêts à fusionner tout de suite, ce n’est pas le cas d’un courant du PSU; mais quoiqu’il advienne, le problème ne se pose pas au niveau des élections, car même sans fusion actée, nous irons ensemble aux scrutins avec des listes communes.

« Les deux prochains mois seront donc décisifs pour savoir si les 3 SG décideront de réunir à distance leurs instances décisionnelles pour finaliser le processus et donner une date butoir de fusion », conclut le SG en précisant qu’au pire des cas, la FGD pourra se faire à 2 au lieu du projet initial de 3 partis.

« Sans la pandémie, la fusion aurait pu être actée avant les scrutins de 2021 »

Même analyse du côté du secrétaire général du Parti d’avant-garde démocratique socialiste, Ali Boutouala qui avance que la pandémie a bloqué toutes les réunions politiques depuis mars dernier.

« S’il n’y avait pas eu de crise sanitaire, la fusion aurait certainement eu lieu avant les scrutins de 2021 », affirme le secrétaire général du PADS.

Devant notre insistance à réclamer une autre explication, Boutouala a reconnu que la réunion des 3 partis, samedi 24 octobre, avait montré la persistance d’un débat au sein du PSU sur la date de la fusion.

« Même sans fusion, il y aura des listes communes PSU-CNI-PADS »

« Si un courant du PSU s’interroge encore sur le meilleur moment de fusionner, personne au sein des 3 partis ne remet en cause la nécessité de créer un seul et même parti sur la base des CNI, PADS et PSU.

« Si tout le monde milite pour une unification de la FGD en un grand parti de gauche, il est vrai qu’il demeure un débat sur les conditions à remplir avant de sauter le pas 6 à 12 mois après les élections », conclut le SG qui confirme que même sans fusion immédiate, les 3 partis vont préparer un programme de travail, comme en 2016, avec des listes unifiées et un slogan de campagne identique.

La base est favorable à une fusion post-scrutins

Questionné en dernier, le député Mostafa Chennaoui élu sous les couleurs du PSU, pense que les reports incessants de la fusion n’empêcheront pas les 3 composantes de la FGD de s’unifier.

« Si le PADS, le CNI et une majorité de militants du PSU sont partants pour la fusion, l’interdiction d’organiser des rassemblements politiques physiques a perturbé le processus de regroupement.

Sur les propos de son collègue parlementaire Omar Balafrej contre Nabila Mounib, accusée de bloquer le processus de fusion, Chennaoui affirme que le plus important est que la majorité des participants à la dernière réunion de la commission des 3 bureaux politiques de la FGD, tenue samedi 24 octobre, était favorable à une fusion après les élections.

« La majorité aura le dernier mot »

« Si madame Mounib a continué à affirmer que les conditions n’étaient pas réunies pour entamer la fusion, c’est la majorité qui doit avoir le dernier mot et pas un vœu personnel.

« Même si aujourd’hui, tout le monde a décidé de reporter la fusion après les scrutins, il faut maintenant décider d’un délai acceptable car nous ne pouvons pas continuer à rater des occasions à cause d’une minorité qui refuse de dire clairement qu’elle est opposée à la fusion », accuse Chennaoui.

« Les partisans du report donnent l’impression d’être contre la fusion »

A la question de savoir si le projet de créer la FGD n’était pas voué à l’échec après des années de négociations stériles, le député reconnait que beaucoup d’occasions ont été ratées.

« Malheureusement, madame Mounib et certains camarades du PSU justifient toujours le retard de fusion par des conditions préalables non remplies et par le fait de ne pas devoir se précipiter.

« Etant pour une fusion dès demain, on ne pourra pas attendre indéfiniment, car cela donne l’impression qu’en réalité c’est un prétexte, et qu’ils ne veulent pas de cette fusion », conclut Chennaoui qui précise qu’une réunion aura lieu fin novembre pour départager les pour et les contre.

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