Politique

L’ambassadeur algérien au Maroc a été convoqué par Nasser Bourita

via Le360

Suite aux graves propos tenus par le porte-parole du président Abdelamadjid Tebboune, l’ambassadeur algérien au Maroc a été convoqué par le chef de la diplomatie marocaine, Nasser Bourita. Les mensonges formulés à Alger ont été au cœur de cette rencontre.

Le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, a convoqué, mardi 9 juin, l’ambassadeur algérien accrédité au Maroc, Abdelhamid Abdaoui, a appris Le360 de source sûre. Cette convocation fait suite aux propos de Mohand Oussaid Belaïd, ministre, conseiller à la Communication, porte-parole officiel de la présidence de la République algérienne, qui a déclaré, le 9 juin, au cours d’une conférence de presse à propos du consul général du Maroc à Oran: «nous avons demandé son départ. Son comportement était prévisible. Nous avons découvert que c’est un agent des services de renseignements marocains qui a été désigné consul à Oran pour d’autres raisons».

 

Ces allégations, qualifiées de «ridicules» par le chef de la diplomatie marocaine dans une déclaration à la MAP, ont failli rester sans réponse, mais le fait qu’elles émanent de l’institution même où siège le chef de l’Etat algérien leur confère une gravité telle qu’il n’a pas été possible de rester sans réaction. Dans ses propos sur l’ancien consul du Maroc à Oran, la présidence algérienne a menti de bout en bout.

 

C’est notamment en vue de faire rétablir la vérité à propos des mensonges grossiers du porte-parole d’Abdelmadjid Tebboune que l’ambassadeur algérien à Rabat a été convoqué. Le premier mensonge a consisté à dire que le consul du Maroc à Oran avait quitté l’Algérie suite à la demande de ce pays. «Un consul travaille en étroite collaboration avec les autorités du pays où il est accrédité. Compte tenu du lynchage médiatique auquel a été livré notre consul à Oran, il n’était plus possible qu’il poursuive son travail dans ces conditions-là et le Maroc a décidé de le rappeler immédiatement», explique une source diplomatique. Ce rappel a été à l’initiative exclusive du Maroc et les propos du porte-parole de la résidence algérienne qui affirment le contraire sont un mensonge.

 

Le deuxième mensonge du ministre conseiller à la Communication, porte-parole officiel du chef de l’Etat algérien est encore plus grave et interpelle à plus d’un titre sur la déliquescence de la parole publique du voisin de l’Est. Mohand Oussaid Belaïd a affirmé que l’ancien consul général du Maroc à Oran était «un agent des services de renseignements». Interrogé par Le360 sur cette assertion, un ancien diplomate commence par dire que ces propos donnent une «image lamentable sur la communication du pouvoir algérien et devraient faire jaser dans les chancelleries étrangères».

 

 

Et d’ajouter: «selon la convention de Vienne sur les relations diplomatiques, la désignation d’un consul est soumise à l’exequatur, qui est l’acte par lequel l’Etat de résidence d’un nouveau chef de poste consulaire habilite ce dernier et l’admet ainsi officiellement à exercer ses fonctions sur son territoire. En d’autres termes, c’est l’Etat algérien qui a donné son accréditation, il y a trois ans, au consul général marocain à Oran. Comment se fait-il que l’Etat algérien accepte la candidature au poste de consul d’un officier des services de renseignement!».

 

Le plus étonnant dans cette affaire, c’est que l’ancien consul général du Maroc à Oran, Boutaher Aherdane, a commencé sa carrière internationale en tant que diplomate, en 1995, à Oran. C’est dire que les autorités algériennes le connaissent bien. Il a ensuite été accrédité en tant que consul à Abu Dhabi, à Nouakchott et à Kinshasa. Une longue carrière de diplomate que l’Etat algérien considère comme celle d’un espion.

 

Mais pourquoi donc le pouvoir algérien voit-il des espions partout? L’ancien diplomate, interrogé par Le360, explique «dans toutes les ambassades au monde, y compris l’ambassade d’Algérie à Rabat, il existe des agents du renseignement qui ne travaillent pas contre la relation avec le pays où ils se trouvent». Et d’ajouter que le pouvoir algérien est, une fois encore, victime de la logique de la guerre froide quand «on désignait par l’expression « agent subversif » un agent de renseignements».

 

Le monde a bien évolué depuis la guerre froide, mais le régime d’Alger perpétue des archétypes qui ont prévalu dans les années 60, 70 et 80. Il faut dire que ces archétypes d’un autre temps arrangent bien Alger dans la désignation d’un ennemi extérieur, à chaque fois qu’il s’agit de faire diversion en cas de grave crise intérieure.

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