Marocains du Monde

Lamia, une Marocaine résidant à Angers a perdu son fils aîné Bilal dans la nuit du samedi 7 janvier 2017 pendant une transaction de stupéfiants qui a dégénéré. Sur « La Libre antenne » d’Europe 1, elle raconte les circonstances de la mort de son fils.

via Bladi.net

« C’était le samedi 7 janvier 2017, une journée normale. Bilal, mon fils aîné, devait assister au mariage d’un de ses amis ce soir-là. Il est sorti. La journée passe, Bilal n’est pas rentré à la maison. À 21h30, j’ai eu l’impression de recevoir un coup de poignard dans les tripes, l’instinct maternel. Je suis allée m’allonger, je ne me sentais pas bien », relate-t-elle. L’instinct maternel de Lamia ne l’avait pas trompé. Un malheur venait de frapper sa famille.

« À 22h, mon deuxième fils a reçu un message disant : ‘On a tiré sur ton frère. Dis à tes parents d’aller aux urgences.’ J’ai laissé mes trois petits derniers et je suis partie aux urgences en chemise de nuit. On nous a fait attendre trois quarts d’heure. J’étais calme. Je pensais qu’il avait reçu une balle dans le bras ou dans le pied. Les médecins sont arrivés, ils étaient silencieux. Ils nous ont dit : ‘Nos condoléances, votre fils est mort. Nous n’avons pas pu le sauver’, » poursuit-elle.

Lamia ne sera pas autorisée à voir son fils. « […] Je suppliais le médecin pour que je puisse voir mon fils chaud avant qu’il entre à la morgue. Il a été très dur et m’a dit : « C’est un homicide, vous n’avez pas le droit de le voir ». Je n’ai pas vu Bilal ce soir-là. Avant de rentrer à la maison, nous (elle et son mari) sommes allés sur les lieux du drame. J’ai vu le périmètre de sécurité et le sang de mon fils par terre. C’est affreux […] Le mardi, j’ai enfin reçu l’autorisation de voir mon fils à la morgue. […] C’est dur de faire ses adieux à son fils de 18 ans. Je suis allée au Maroc pour enterrer mon fils. »

La mère de famille assure que son fils n’a jamais fait de prison. Mais « mon fils n’était pas un saint, il a fait de petites conneries. La rue, ce sont les mauvaises fréquentations et l’argent facile. […] », dit-elle. De retour en France, elle a appris ce qu’il s’était vraiment passé ce soir-là. « […] Mon fils avait ramené 4 kilos de cannabis mélangé à de la paraffine. Ils voulaient s’arnaquer. L’assassin venait du Mans avec une arme et de faux billets. Ils se sont battus dans la voiture. J’ai lu le rapport d’autopsie. Ils ont fracassé la tête de Bilal qui a fait un début d’hémorragie. C’étaient des boxeurs. Ils ont tiré sur mon fils et l’ont tué. »

« Ils étaient deux, d’origine tchétchène. L’assassin a réussi à aller jusqu’à Grozny. Le complice de l’assassin a passé un an en prison et est sorti sous contrôle judiciaire. L’assassin aurait pu prendre la fuite et se taire, mais il m’insultait sur les réseaux sociaux. Il envoyait des vidéos où il faisait des doigts d‘honneur qui m’étaient adressés. Il a fait une vidéo où il insultait les gens qui prenaient ma défense », fait-il savoir.

La mort de Bilal reste un souvenir prégnant pour Lamia. « Toutes les nuits, j’imagine la scène. On survit, mais ils nous ont amputés. J’ai créé une association, ’Nous sommes tous Bilal’, qui fait de la prévention sur les dangers de la rue. » Son seul regret : elle n’a pas pu tenir la promesse qu’elle avait faite à son fils, celle de faire tout pour que l’assassin soit arrêté.

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